Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /2009 17:45
Aujourd'hui, avec Mimi nous avons partagé les souvenirs de Mamie contés pour partie en patois et vous les livrons :

Lorsque la mésange chantait "chie sul feu, chie sul feu" on s'disait "on va bintot partir dans les naux !", alors nié maestro qui sortait les sarpillons pour lesr'passer. Bin entendu il fallait toujours que ce soit la gamine (Mamie) qui tourne la meule, et comme y'en avait ioque, la pauv gamine qui n'avait queque furloques sul'dos, elle se disa qu'elle alla enco iete mou cursuli.

Mamie (la gamine) se faisait engueuler par le père quand elle donnait des à-coups en tournant la meule parce qu'il fallait l'arroser bin pour que la lame coupe bin.

Tous les jours, on préparait la musette car on travaillait toute la journée dans les naux. Les hommes au matin prenaient  un copieux petit déjeuner après avoir déjà travaillé plusieurs heures dans les naux. A l'issue de cette pause, ils prenaient un chtio café aveu la goutte et les discussions allaient bon train, il était presque toujours question que le triffu claquait encore bin "c'est pas paceque j'avon 70 ans que le triffu ne claquo pu"... Mamie était petite mais cette phrase lui est restée gravée dans sa mémoire et elle en rit encore en nous la racontant. Car tout en discutant, les hommes et les femmes continuaient leur dur labeur.

On coupait l'osier aveu l'serpillon pour les oques (pieds d'osier), quant aux  jeunes plants on les coupait au sécateur (de chez Bazillon à Vandy, les meilleurs de la région. La maison a fermé depuis une quinzaine d'année, le temps passant si vite).

Mamie avait aussi un tonneau pour églageoler, comme cela elle pouvait nettoyer et faire les paquets suivant la taille des osiers. Les Osiers de toutes tailles mis dans le tonneau, on tirait les plus grands que l'on secouait puis on en faisait des paquets, ensuite on tirait les moyens et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que la poussière et les glajots au fond du tonneau, que l'on vidait et re-remplissait d'eau propre.

La sève étant montée, Mamie passait les brins d'osiers au triffu.

Quand il claquait cela sentait bon l'osier et le printemps...

Quand on passait la patte (pied de l'osier) au triffu et qu'il claquait, cela clifait partout. Ensuite on passait la cîme et les plettes se détachaient, sauf les années où un coup de froid venait recoller l'écorce à l'osier et n'était alors que du plaisir pendant des mois...

Lorsqu'il y avait de petites branches sur l'osier, on prenait le sécateur pour les couper avant de passer dans le triffu. Pour les grosses branches, il fallait les tirer à la main. Les mains étaient très souvent crevassées, le seul remède en ce temps là était de mettre du saindoux et des poupées sur les doigts et le travail continuait !

L'osier blanchi et séché ne peut pas être utilisé immédiatement afin d'être plus facile à travailler. On attend le murissement de la matière une quinzaine de jours environ.

Mamie me confie qu'heureusement qu'elle était gadrue pour faire ce métier !

Dans le 3ème épisode, nous vous parlerons des outils : les moules, maintiens, croisillons, chevalets, teintures, serpettes, épluchoirs,  éclisses......
Par Zaza - Publié dans : Vannerie artisanale
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